Une place à prendre – J. K. Rowling

placeaprendreBienvenue à Pagford, petite bourgade en apparence idyllique. Un notable meurt. Sa place est à prendre… Comédie de mœurs, tragédie teintée d’humour noir, satire féroce de nos hypocrisies sociales et intimes, ce premier roman pour adultes révèle sous un jour inattendu un écrivain prodige.

Est-ce que j’ai lu ce livre principalement pour voir ce que l’auteure pouvait écrire après Harry Potter? Tout à fait, mais j’ai rapidement oublié l’univers du petit sorcier, car on est ici complètement ailleurs. On sort complètement de l’univers jeunesse pour plonger dans un univers adulte, plus cru et plus vil. Tous les coups semblent permis pour les habitants de ce petit village alors qu’une place est maintenant disponible au conseil municipal. Les conflits qui étaient jusque-là gardés sous contrôle prennent une tout autre dimension. Dans les faits, il ne se passe pas tant de choses que ça, tout est plutôt dans les dialogues et les situations. Pas de grosses scènes d’actions ou d’événements perturbateurs majeurs, seulement les aléas de la vie. Sans ne rien dévoiler, je dirais que la fin est nécessaire et appuie bien le propos de l’auteure, même si je l’aurais voulue autrement. Pour moi, le passage est réussi pour J. K. Rowling et c’est avec intérêt que je lirai son prochain livre.

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La terre fredonne en si bémol – Mari Strachan

Personne ne veut croire Gwenni Morgan lorsqu’elle affirme pouvoir voler dans son sommeil, ni ses amis, ni ses parents. Du haut de ses douze ans et demi, cette fillette friande de biscuits à la vanille et de crème à la fraise aime plus que tout lire des romans policiers et poser aux adultes certaines questions… qui demeurent souvent sans réponse.

Le jour où Ifan Evans, le mari de son institutrice, disparaît sans laisser de trace, elle décide de résoudre cette énigme. Prenant modèle sur ses détectives préférés, Gwenni recueille consciencieusement des indices. Mais la vérité qui se cache au bout de l’enquête pourrait bien bouleverser tous les repères de son petit monde.

En faisant le portrait inoubliable d’une petite fille et d’un village du pays de Galles à la fin des années 1950, Mari Strachan nous transporte dans un univers totalement original, niché quelque part entre la cruauté et le merveilleux du monde de l’enfance.

Le résume de la quatrième de couverture n’est pas, à mon avis, vraiment fidèle à l’histoire. C’est peut-être une bonne chose dans le fond, puisqu’on ne peut qu’être surpris par la tournure que prennent les choses pour Gwenni.

Gwenni est une petite fille très curieuse qui vit dans une famille où tout n’est pas toujours rose. Sa mère est difficile à suivre, son père voit un peu trop le bien dans tout le monde et elle ne s’entend pas du tout avec sa sœur Bethan, dont elle doit en plus partager le lit. Pas surprenant que l’imaginaire de cette petite fille finisse par prendre le dessus.

Un quotidien pas si banal pour une petite fille pas banale non plus.

Neverwhere – Neil Gaiman

Il existe un envers à Londres : la « ville d’En Bas », cité souterraine où vit un peuple d’une autre époque, invisible au commun des mortels.

Un peuple organisé, hiérarchisé, à la tête duquel les rats jouent un rôle prépondérant… Roman inclassable, Neverwhere fourmille d’idées, de rebondissements et de personnages iconoclastes. Le voici pour la première fois en français dans la version author’s cut revue et augmentée par l’auteur.

Ce n’est qu’après avoir terminé ce livre que j’ai réalisé qu’il était du même auteur que Coraline. Une fois cela dit, l’univers que j’ai traversé en lisant Neverwhere ne me surprend plus autant que pendant ma lecture. Car je dois avouer que cet univers a failli me faire décrocher à de nombreuses reprises. Je n’arrivais pas à adhérer à ce monde étrange où les rats mènent le monde. Trop ou pas assez de tout : magie, réalisme, anachronisme… On dirait que j’étais incapable de situer l’histoire dans une « boîte » précise et ça m’empêchait d’apprécier ma lecture. C’est peut-être aussi parce que c’était une édition où l’auteur a ajouté de l’information au roman original. Je l’ai tout de même terminé. Il ne me laissera pas un souvenir impérissable, mais j’aurai au moins compris que je dois être plus ouverte d’esprit dans ma lecture.

Intuitions – Rachel Ward

Depuis qu’elle est toute petite, Jem voit des numéros flotter au-dessus des personnes qu’elle croise. C’est le jour de la mort de sa mère qu’elle comprend la signification de ce terrible don : ces chiffres indiquent la date de notre mort. Elle se replie sur elle-même et sombre dans la mélancolie. Jusqu’au jour où elle rencontre Spider et découvre l’amour.

Je ne peux m’empêcher de me mettre à la place de Jem et d’imaginer ce que je ressentirais si je pouvais voir la date de mort des gens. Il me semble que ça me déconcentrerait tout le temps et que j’aurais du mal à en faire abstraction. Comment être totalement honnête avec quelqu’un et lui dire la vérité quand tu sais qu’il va mourir le lendemain? Tout ça pour dire que je trouvais la prémisse de l’histoire intéressante. Par contre, j’ai trouvé que le bon filon aurait pu être davantage exploité. Malgré tout, on se laisse happer par l’histoire de Jem et Spider. Et l’auteure a su en mettre juste assez pour que j’aie envie de découvrir la suite quand elle me tombera sous la main.

Coraline – Neil Gaiman

Coraline vient d’emménager dans une étrange maison et, comme ses parents n’ont pas le temps de s’occuper d’elle, elle décide de jouer les exploratrices. Ouvrant une porte condamnée, elle pénètre dans un appartement identique au sien. Identique, et pourtant…

Le film m’avait laissé une drôle d’impression, comme s’il y avait des raccourcis qui gâchaient légèrement l’histoire. J’ai donc apprécié davantage le livre, comme toujours en fait. Coraline – et non Caroline – évolue dans un drôle d’univers, à la limite du glauque à certains moments. C’est un livre intelligent qui joue avec l’horreur et le suspense pour les jeunes de façon intéressante. Je crois que je regarderai de nouveau le film, mais d’un tout autre œil à présent.

La reine des lectrices – Alan Bennett

Que se passerait-il outre-Manche si, par le plus grand des hasards, Sa Majesté la Reine se découvrait une passion pour la lecture? Si, tout d’un coup, plus rien n’arrêtait son insatiable soif de livres, au point qu’elle en vienne à négliger ses engagements royaux? C’est à cette drôle de fiction que nous invite Alan Bennett, le plus grinçant des comiques anglais. Henry James, les sœurs Brontë, le sulfureux Jean Genet et bien d’autres défilent sous l’œil implacable d’Elizabeth, cependant que le monde empesé et so british de Buckingham Palace s’inquiète : du valet de chambre au prince Philip, d’aucuns grincent des dents tandis que la royale passion littéraire met sens dessus dessous l’implacable protocole de la maison Windsor. C’est en maître de l’humour décalé qu’Alain Bennett a concocté cette joyeuse farce qui, par-delà la drôlerie, est aussi une belle réflexion sur le pouvoir subversif de la lecture.

Un coup de cœur ! J’ai toujours été attirée par les romans sur les livres, les bibliothèques, les lecteurs, etc. C’est avec beaucoup d’humour qu’Alan Bennett imagine un monde où la Reine se trouverait soudainement captivée par la lecture. On y découvre une foule de référence à des livres, à des auteurs, à des citations. Un livre qui se lit très rapidement, mais qui met de bonne humeur. Les tirades de la Reine sont souvent très drôles – et très songées. Une belle découverte qui me donne le goût de lire d’autres livres de cet auteur britannique qui semble très populaire.

Kiss – Jacqueline Wilson

Emily et Carl sont amis depuis toujours. Petits, ils jouaient à se marier et, aujourd’hui encore, Emily pense que plus tard elle épousera Carl. Pourtant, cette année, Carl est moins présent. Il a changé de collège, c’est vrai. Mais pourquoi est-il si distant? Comme s’il l’évitait… Emily est loin d’imaginer les véritables raisons de l’attitude étrange de son ami…

Il arrive souvent que je découvre des livres en cherchant d’autres livres dans les rayons. C’est le cas de celui-ci. C’est difficile de parler de ce livre sans trop en révéler, même si, à mon sens, c’est très clair. J’ai aimé la façon dont le sujet est traité, même si j’ai trouvé par moment que les situations étaient parfois idéalisées, même si je ne dis pas pour autant qu’elles sont faciles. C’est un sujet dont on ne traite pas souvent dans la littérature pour les adolescents, mais je me demande à quel point cette histoire est réaliste. Bien sûr, l’idéal, c’est que tout se passe de cette façon, mais est-ce vraiment la réalité? J’en doute. Au moins, ce sera peut-être un premier contact.